La Cavalière de Jeanne Galzy

Publié le 13 Juillet 2017

La Cavalière de Jeanne Galzy

« Nous sommes une étrange famille », dit un des personnages de La Cavalière. Et il n’a pas vraiment tort.

Chacun avance, en effet, avec ses troubles, ses secrets, ses manques, ses convictions, ses interrogations, ses non-dits.

Même s’il s’agit du troisième volet d’une saga, on s’approprie sans mal l’histoire et les personnages. Nul besoin d’avoir lu les tomes précédents pour comprendre. En revanche, il faut lire le quatrième volume si on veut en savoir plus sur le devenir de l’héroïne, Amédée Parazol.

On suit essentiellement cette jeune femme qui partage sa vie entre Paris où elle vit un amour passionné avec une cantatrice et la Camargue où elle a fort à faire pendant les quatre années de guerre.

Il lui faut sauver les chevaux de course en les cachant afin qu’ils ne soient pas réquisitionnés pour les besoins de guerre. Il lui faut aussi les entraîner pour qu’ils soient prêts lorsque les conflits seront terminés.

C’est l’histoire d’une cavalière émérite que nous donne à lire Jeanne Galzy. C’est en parallèle l’histoire d’une femme malheureuse qui nous est livrée au fil des courts chapitres.

Le roman avance au rythme de la Première Guerre mondiale. On suit non seulement Amédée mais aussi les autres membres de sa famille : du combattant dans les tranchées à l’artiste qui s’interroge sur le sens de son art, du prisonnier de guerre, des femmes à l’arrière qui vivent le quotidien et qui trouvent un nouveau sens à leur vie, de l’ancêtre qui révèle un peu de lui-même et de son passé aux cousins restés à Paris qui ont un autre regard sur l’avancée allemande et les choix politiques faits par la France.

J’ai vraiment apprécié le choix de l’auteure de passer d’un personnage à l’autre en consacrant à chacun de très courts chapitres. J’ai aimé le style à la fois synthétique et précis de Jeanne Galzy. J’ai réellement apprécié sa manière de traiter le temps dans ce texte sans jamais donner de dates mais en faisant des allusions bien ciblées à des moments historiques permettant de savoir à chaque instant à quel moment de la guerre on était.

On a tendance à oublier qu’elle écrit ce roman en 1974. Pour moi, son écriture, de facture classique tout en étant novatrice, ressemble à celles des auteurs du 19è siècle et c’est un compliment.

Sans Babelio et Masse Critique que je remercie, je ne pense pas que je serais allée vers cette auteure pour la simple raison que son nom n’était pas parvenu jusqu’à moi.

Quelle bonne idée des éditions Chèvre-feuille étoilée d’avoir réédité cette professeure de Lettres montpelliéraine.

Rédigé par jetunousbrodons

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